Conduire sur la neige

Le monde dans lequel nous vivons est très déconcertant. La semaine dernière, par exemple, j’ai réalisé un stage de conduite sur glace à l’Alpe d’Huez. Et alors que je déteste prendre la voiture sur les routes verglacées, j’ai pris beaucoup de plaisir à piloter sur la glace comme un pilote de rallye. A bien y réfléchir, l’on tente souvent des activités qui, en dehors d’un cadre précis, nous sont tout à fait détestables. Les manèges violents, par exemple. Ils sont à cet égard très parlants. Aucun individu sensé ne rêve d’être épouvanté et malmené dans la vie réelle. En dépit de cela, l’on paye pour ressentir tout cela durant quelques minutes. L’être humain réalise de fait volontairement des choses qui, si elles n’étaient pas offertes dans un cadre prédeterminé, ne lui convendraient absolument pas ; il veut faire ces choses sciemment, et transforme des contraintes en source de plaisir. Ce renversment des moeurs est assez fantastique, à vrai dire. Il y a là comme une velléité de renouer avec ce frisson que nous éprouvions à chaque instant au tout début de la civilisation : la peur. Et cette tentation est de tous les instants. De quoi sont faits les jeux vidéo, en fait ? De tournois, d’attaques, de dangers en pagaille. On peut vivre dans le virtuel ce qui est aujourd’hui le plus souvent absent de notre champ de vision : le danger. Ce dernier, qui durant des années a défini notre comportement, est désormais devenu une source de jouissance. Cette réflexion peut sembler futile, mais elle remet en perspective certains maux de notre monde actuel. Certains voient en effet dans ces distractions une forme de dénaturation de notre société. Et c’est cette croyance qui encourage ces mêmes gens à approuver Daesh : en vue de proposer un monde faits de valeurs « sérieuses ». Il y aurait donc un profond travail d’instruction à instituer afin de permettre aux gens d’intégrer ce renversement. Un travail d’autant plus fondamental que notre société continuera, a priori, sur cette voie éminemment ludique… Bref, j’ai bien aimé ce stage de conduite sur glace à l’Alpe d’Huez. Si vous aimez conduire, jetez donc un coup d’oeil au site où je l’ai dégoté. ;-)

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Published in:Uncategorized |on janvier 6th, 2017 |Comments Off

Contrôler les sentiments primitifs

La vérité générale découverte par l’étude de l’évolution de la conduite, au-dessous de l’homme et dans l’homme, à savoir que, pour la conservation de la vie, les sentiments primitifs, simples, présentatifs doivent être contrôlés par les sentiments développés les derniers, composés et représentatifs, cette vérité a donc été reconnue par les hommes, dans le cours de la civilisation; mais nécessairement elle l’a été d’abord d’une manière trop confuse. La conception commune, qui se trompe en supposant illimitée l’autorité du sentiment supérieur sur l’inférieur, pèche aussi en admettant que l’on doit résister à la loi de l’inférieur même quand elle n’est pas en opposition avec la loi du supérieur, et elle pèche encore par la supposition qu’un plaisir donnant lieu à une tendance convenable, quand il est éloigné, ne donne pas lieu à une tendance semblable s’il est prochain. Sans le dire explicitement, nous avons ainsi suivi la genèse de la conscience morale. Car le trait incontestablement essentiel de la conscience morale c’est le contrôle de certain sentiment ou de certains sentiments par un autre sentiment ou par plusieurs. Chez les animaux supérieurs, nous pouvons voir assez distinctement le conflit des sentiments et la sujétion des plus simples aux plus composés: ainsi lorsqu’un chien résiste à la tentation de dévorer quelque aliment par la crainte des châtiments qui pourraient suivre s’il cédait à son appétit, ou lorsqu’il ne continue pas à creuser un trou de peur de perdre son maître qui s’éloigne. Ici, cependant, bien qu’il y ait subordination, il n’y a pas subordination consciente; il n’y a pas la réflexion qui révèle qu’un sentiment a cédé à un autre. Il en est ainsi, même chez les hommes dont l’intelligence est peu développée. L’homme pré-social, errant par familles et gouverné par des sensations et des émotions comme celles que causent les circonstances du moment, bien que sujet de temps en temps à des conflits de motifs, rencontre relativement peu de cas où l’avantage de subordonner un plaisir immédiat à un plaisir éloigné s’impose à son attention; il n’a pas non plus l’intelligence requise pour analyser et généraliser ces cas lorsqu’ils se présentent. C’est seulement lorsque l’évolution sociale rend la vie plus complexe, les causes de retenue nombreuses et fortes, les maux d’une conduite spontanée manifestes, et les avantages à retirer de la prévoyance suffisamment certains, qu’il peut y avoir des expériences assez fréquentes pour rendre familiers les bons effets de la subordination des sentiments simples à d’autres plus complexes. C’est aussi seulement alors qu’apparaît une puissance intellectuelle suffisante pour fonder une induction sur ces expériences; ensuite les inductions individuelles sont en assez grand nombre pour former une induction publique et traditionnelle qui s’imprime en chaque génération à mesure qu’elle s’accroît.

Published in:Uncategorized |on novembre 30th, 2016 |Comments Off

Voir Florence

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Published in:Uncategorized |on novembre 30th, 2016 |Comments Off

Bruxelles virtuelle

Le virtuel est sur le point de débarquer dans nos vies, et force est de constater qu’il va changer pas mal de choses dans notre manière de faire et de vivre. Lors d’un séjour incentive à Bruxelles la semaine dernière, j’ai par exemple pu tester un casque de réalité augmentée, et je dois dire que j’ai été franchement sidéré par la démonstration : le cocktail virtuel / réel est franchement formidable et ouvre des tonnes de possibilités. Je croyais plutôt en la réalité virtuelle jusqu’à présent, pensant qu’un casque fermé était plus immersif, mais j’ai changé d’avis : l’intrusion du virtuel directement dans le réel est encore plus impressionnant ; si le fantastique est l’irruption du surnaturel dans le monde réel, alors la réalité augmentée est clairement ce qui se rapproche le plus du fantastique ! Depuis, j’avoue que je rêve beaucoup à ce que donnera cette technologie quand elle surviendra dans nos foyers. Un enfant pourra par exemple construire une ville virtuelle entière au beau milieu du salon sans que cela gêne personne : il n’y aura pas besoin de marcher sur des oeufs pour éviter de détruire le chef-d’oeuvre. Mais ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres. Nous pourrons avoir des écrans démesurés qui pourront nous suivre d’une pièce à l’autre pour regarder nos films, ou traîner sur les réseaux sociaux. Ou encore, jouer à des jeux d’échecs virtuels comme dans Starwars sur le Faucon Millenium !
Plus que ces quelques exemples, ce qui me laisse penser que ces casques vont faire un carton, c’est que les technologies gagnantes ont souvent un effet de synthèse. Par exemple, si le mobile s’est à ce point implanté dans nos vies, c’est parce qu’il concentre en même temps le téléphone, l’ordinateur et la montre. Et les casques de réalité augmentée font la même chose : ils vont eux aussi rassembler pas mal d’objets qui nous entourent et nous permettent de nous libérer de l’espace. Evidemment, nous aurons tous l’air de sortir d’un asile à nous agiter sans jamais savoir ce que fait l’autre derrière ses lunettes. Mais comme nous porterons sans doute tous un casque, il ne restera pas grand-monde pour s’en aviser. Comme disait le Cheshire : « tout le monde est fou, ici ! » Quoi qu’il en soit, j’ai adoré cette expérience. L’idée d’essayer ces casques était une excellente surprise. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous laisse le lien de l’agence de voyage et de conseil qui a organisé ce voyage incentive à Bruxelles65566556.jpg. Cliquez sur le lien pour le détail.

Published in:Uncategorized |on octobre 13th, 2016 |Comments Off

Portique antifraude à la SNCF

A partir de ce lundi, la SNCF va tester, dans les gares Paris-Montparnasse et Marseille-Saint-Charles, un dispositif similaire à celui installé dans le métro. Une mesure qui vise à réduire la fraude qui lui coûte chaque année 300 millions d’euros. Fini l’accès aux TGV sans contrainte. A partir de ce lundi et ce jusqu’au 31 mars, la SNCF va tester, dans les gares Paris-Montparnasse et Marseille-Saint-Charles, un dispositif de portiques placés à l’entrée des quais. Son coût? Deux millions d’euros. Il ne s’agit pas des tourniquets bien connus des usagers du métro mais de portes vitrées qui s’ouvrent et se ferment lors de la validation du billet. Mais le principe est similaire: seuls les passagers qui pourront valider leur titre de transport aux portes d’embarquement seront autorisés à monter dans le TGV. Le lecteur sans contact associé aux portiques reconnaîtra aussi bien un billet classique, imprimé sur papier libre ou un titre sur carte ou smartphone. Ces portiques sont donc amenés, si le dispositif est jugé satisfaisant, à remplacer les agents de la SNCF qui effectuent dans certaines gares les contrôles des billets avant la montée dans le TGV. Mais du côté de la SNCF, on assure que «l’emploir sera maintenu» et qu’«il n’est pas question de déshumaniser les TGV». «Ce dispositif humain a fait ses preuves et a permis de réduire en moyenne de 25% la fraude dans les trains au départ des gares chaque jour», explique-t-on à la SNCF. En revanche, ce dispositif n’a rien à voir avec les portiques de sécurité expérimentés pour les trains Thalys. Il n’empêche: la SNCF a prévu «pour augmenter la sécurité un chien renifleur, un garde de sécurité et des personnes qui demanderont si on peut ouvrir ce sac». «Il ne s’agit pas de contrôler si vous transportez des armes mais d’autoriser les seuls passagers munis de billets à monter dans le TGV», prévient Antoine de Rocquigny, directeur des opérations et du service aux clients chez Voyages SNCF, cité par Le Parisien-Aujourd’hui-en-France. Autrement dit: l’objectif est d’à terme de diviser par dix la fraude contre le TGV qui coûte chaque année à la SNCF 300 millions d’euros, dont 200 millions rien que pour le TGV. Tous les jours, les 750 trains à grande vitesse qui parcourent la France, transportent trois à quatre fraudeux en moyenne. Ce dispositif vient s’ajouter à d’autres mesures prises dans ce but, à l’instar de l’augmentation du prix des amendes. «Le dispositif sera jugé satisfaisant s’il n’est pas cause de retard pour les voyageurs en cas de forte affluence» Reste la question du flux de voyageurs. Pour éviter la trop longue attente lors de pics d’affluence, la SNCF a prévu une file pour les clients professionnels, une pour les abonnés, une pour les non-abonnés et une plus élargie pour les personnes handicapées (voir photo ci-dessous). Cinq à sept agents seront mobilisés à côté des portes d’embarquement pour prendre en charge les personnes à mobilité réduite ou les jeunes voyageurs qui voyagent seuls et dont les parents ne pourront pas franchir les portiques. Prototypes de portiques de validation des billets à la gare Montparnasse. Le portique plus élargi est destiné aux personnes en fauteuil roulant. Si le dispositif s’avère satisfaisant, il sera étendu d’ici 2017 dans quinze autres gares: Lyon, Nord et Est à Paris, Part-Dieu et Perrache à Lyon, Aix-TGV, Bordeaux, Le Mans, Montpellier, Nantes, Rennes, Saint-Pierre-des-Corps et Tours. Parmi les quatre industriels - Xerox, Scheidt & Bachmann, Thales et IER -, un seul sera retenu pour équiper les quinze gares. «Au-delà de la fiabilité technique, le dispositif sera jugé satisfaisant s’il ne constitue pas une contrainte pour les voyageurs c’est-à-dire s’il n’est pas cause de retard pour eux, en cas de forte affluence. Nous avons estimé le temps de passage à deux à trois secondes par voyageur», déclare-t-on à la SNCF. Des difficultés rencontrées notamment avec les portiques de sécurité mis en service le 20 décembre dernier à la suite de l’attaque d’un Thalys. «Lorsqu’il y a des trains très très très chargés, avec 600 ou 700 personnes, on a du mal à faire passer toutes les personnes en rang d’oignon», reconnaît le président de la SNCF, Guillaume Pépy.

Published in:Uncategorized |on juillet 27th, 2016 |Comments Off

Légitime défense

Le procès d’un policier, jugé pour avoir tué en 2012 un braqueur en fuite, s’ouvre ce lundi devant les assises de Bobigny en plein débat sur l’opportunité d’assouplir la légitime défense. Le 21 avril 2012, vers 20h30, un appel anonyme apprend à la police la présence à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) d’un individu en fuite. L’homme en question s’appelle Amine Bentounsi, un braqueur en cavale, condamné à 22 ans de réclusion, qui a profité d’une permission de sortie deux ans auparavant pour se faire la belle. Trois policiers se lancent à sa poursuite, à pied. Le quatrième, David Saboundjian, en voiture, tombe nez à nez avec le jeune homme de 29 ans, armé. Le gardien de la paix tire à quatre reprises et touche Amine Bentounsi qui décède quelques heures plus tard à l’hôpital. Près de quatre ans après, le policier doit répondre à partir de ce lundi de “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner” devant la cour d’assises de Bobigny. Que s’est-il passé dans les quelques secondes qui ont précédé la mort d’Amine Bentounsi? Faisait-il face au policier, pointant une arme sur lui? C’est la version de David Saboundjian qui affirme avoir “senti sa vie menacée”. Mais aucun témoin direct de la scène n’a pu formellement confirmé ses dires. Les magistrats en charge de l’instruction se sont également interrogés sur le fait que le policier, malgré la menace qu’il évoque, soit toujours resté à découvert, ce qui accréditerait la thèse qu’il cherchait à arrêter “coûte que coûte” le fuyard. Toute la question est de savoir s’il était ou non ce soir-là en situation de légitime défense. Car les résultats de l’autopsie sont formels: le braqueur en fuite a été touché dans le dos. “Les déclarations de mon client sont constantes: il affirme avoir vu le visage et l’arme de Bentounsi qui le braquait. Il s’est vu mourir et il a tiré sans viser pour faire cesser le danger”, déroule son avocat, Daniel Merchat, qui connaît bien ses questions, lui qui dans une autre vie a été flic. Les expertises et contre-expertises balistiques n’excluent pas qu’Amine Bentounsi ait pu tourné le dos au moment le policier a fait feu. Il ne lui fallait pour ça qu’une seconde. Une version qui révulse la soeur de la victime, Amal Bentounsi, qui ne croit pas à cette version. “Il y a d’autres moyens pour arrêter des personnes que de leur tirer dessus de manière fatale”, pointe la jeune femme au longs cheveux bruns et au regard déterminé. Elle qui s’est portée partie civile avec sa famille se demande si le policier est un “justiciable comme un autre” ou s’il est “au-dessus des lois”. Amal Bentounsi qui avait avec son petit frère une relation “très fusionnelle” a fait de la lutte contre les violences policières un combat, presqu’un travail à plein temps. Mais elle sait que le contexte post-attentats et le débat sur la présomption de légitime défense ne leur est pas vraiment favorable. “J’ai peur que l’on fasse l’amalgame”, lâche-t-elle. En 2012 déjà, en pleine campagne présidentielle, l’affaire avait été très médiatisée. Les syndicats de policiers, en colère, avaient organisé de nombreuses manifestations. “Ce n’est pas le procès de la police, de Bentounsi, ni de la légitime défense, assure maître Merchat. C’est le procès d’une poignée de secondes pendant lesquelles mon client a vu sa vie en danger.” Et où il a mis fin définitivement à la cavale du jeune Amine Bentounsi.

Published in:Uncategorized |on juillet 27th, 2016 |Comments Off

Même les bonnes choses ont leurs limites

Ceux qui me connaissent le savent : je défends âprement l’idée du libre marché. Je suis le plus souvent contre sa régulation par des politiques qui n’en comprennent pas même le fonctionnement. Cependant, je ne suis pas du genre à le défendre aveuglément. Il y a quelques jours, je suis ainsi allé à Barcelone pour y suivre un congrès. Et une fois n’est pas coutume, lors d’une discussion, j’en suis venu à devoir en expliquer les limites. Car le libre marché dévoile selon moi sa limite dans la question environnementale. Le plus simple, à mon sens, est de prendre ici un exemple. Prenons l’exemple d’un industriel. Quand celui-ci tient ses comptes, il ne prend le plus souvent en compte que ses propres rentrées et coûts. Mais ce faisant, il manque de prendre en considération les coûts que lui-même apporte aux autres industriels, voire à la société toute entière : je parle bien sûr ici du coût de la surexploitation des ressources. Car avec l’industrialisation massive qui caractérise notre époque, le coût concret pour l’ensemble de la communauté est presque toujours plus important que les coûts supportés par chacun. Alors, quand chaque industriel ne considère que sa propre activité, il ignore le coût réel pour la société. De fait, la pollution dépasse le plus souvent le degré socialement acceptable : les fabricants se cantonnent à leurs intérêts propres, quitte à négliger ceux de la société. Pour faire simple, la somme des choix individuels par les producteurs ne conduit plus à un résultat idéal. C’est vraiment là, à mon sens, que le libre marché doit être limité. Car seule une ingérence des autorités est apte à résoudre le problème. Parce que, évidemment, lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes, les producteurs, les acheteurs, et parfois les pays dans leur ensemble, sont uniquement préoccupés de leurs propres intérêts, et ne se préoccupent pas des implications de leurs activités sur le reste du monde. Il est donc nécessaire de faire en sorte que chaque industriel soit vaille que vaille sensibilisé au respect de l’intérêt général, quitte à ce que cette « sensibilisation » passe par la taxation. Pour terminer, je souhaiterais parler de ce congrès que j’ai suivi à Barcelone. Ma boîte est cette fois passée par une agence différente pour organiser celui-ci, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce fut une excellente idée. Voilà le site de l’agence, si vous voulez en savoir plus. Pour en savoir plus, je vous laisse le lien vers l’agence qui a organisé ce séminaire à Barcelone, suivez le lien.

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Published in:Uncategorized |on juin 6th, 2016 |Comments Off

En Ecosse

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Published in:Uncategorized |on mai 17th, 2016 |Comments Off

Impuissance politique

Depuis le célèbre trait de François Mitterrand “contre le chômage, on a tout essayé” – 22 ans déjà –, l’impuissance du politique fait partie du paysage. On s’en accommodait. Mais aujourd’hui la page est tournée. C’est le déclin qui tient le haut du pavé dans les brèves de comptoir, et c’est ainsi que se disloque un système démocratique. Aux politiques en responsabilité de mesurer l’extrême gravité du moment, de proclamer la fin du louvoiement électoral et de décider d’un cap en actionnant les bons leviers pour arriver à bon port. Car les instruments existent?! Certains sondages disent même que le peuple est prêt à bouger plus vite que ses dirigeants. Bouger pour quoi faire?? Extrême gauche et extrême droite prétendent, chacun à sa manière, qu’il faut d’abord retrouver la maîtrise du budget et de la monnaie. Pure illusion. Beaucoup dénoncent les contraintes de la finance mondialisée. Pure excuse. Pour tenir la route, l’agenda du politique doit s’appuyer sur le diagnostic des boulets que traîne tout exécutif, et sur un consensus de la réforme. Tout gouvernant sérieux a en tête les adaptations nécessaires du modèle franco-français au nouveau monde. Ne manque plus que l’art et la manière. Pure utopie?? Ne le croyez pas, là où il y a un chemin il y a des solutions. Quels sont les boulets qui semblent tant freiner dans leur action les dirigeants actuels?? Le premier facteur d’impuissance publique tient au rejet quasi systématique du parti politique au pouvoir. Du coup, la peur de perdre la prochaine élection paralyse toute initiative dont les effets positifs ne sont a priori visibles que sur le long terme. L’obstacle est majeur?: les vrais changements demandent de la durée et de la constance. Ainsi, François Hollande qui, de l’avis unanime des observateurs, est entré en campagne pour la présidentielle de mai?2017, ne prendra jamais le risque de bousculer telle ou telle clientèle électorale. La loi de finances pour 2016 porte la marque de cette politique précautionneuse. On réduit à peine les déficits publics, on augmente à peine le nombre de fonctionnaires et on réduit de façon ciblée les impôts. Pas de vague, tel est le mot d’ordre. “Le premier facteur d’impuissance publique tient au rejet quasi systématique du parti politique au pouvoir. Du coup, la peur de perdre la prochaine élection paralyse toute initiative” Jusqu’à présent, cette stratégie défensive des présidents de la République successifs s’est traduite dans les urnes par l’alternance démocratique gauche-droite. Simplement, cette fois-ci, cela risque de ne plus fonctionner. Le marché électoral français est en train de connaître une tripartition avec l’irruption d’un Front national équivalent aux deux grands partis traditionnels de gouvernement. À force d’afficher leur impuissance, la gauche et la droite ont laissé la place à un acteur aux propositions “radicalement” nouvelles. Thème de l’immigration mis à part, le FN séduit en disant qu’il va mettre un terme à la soumission de la France aux diktats de Bruxelles. Le piège est en train de se refermer sur les élites politiques françaises. Tour à tour, celles-ci ont en effet dénoncé la gouvernance budgétaire imposée par la Commission européenne comme un boulet. C’est une grave erreur. Le pays est à bientôt 100?% de PIB de dette publique. En 2016, si tout va bien, celle-ci augmentera encore de 71,5?milliards d’euros. Veut-on battre les scores grecs?? En fait, c’est le parapluie de la zone euro qui permet à la France de gérer sa dette en empruntant sur les marchés financiers à des taux d’intérêt très bas. Qui veut fermer le parapluie “pour voir”?? “C’est le parapluie de la zone euro qui permet à la France de gérer sa dette en empruntant sur les marchés financiers à des taux d’intérêt très bas. Qui veut fermer le parapluie “pour voir”??” Les mêmes élites, de Nicolas Sarkozy à Henri Emmanuelli, n’ont eu de cesse également de mettre en cause la BCE. À une époque, il est vrai, la banque centrale de la zone euro a maintenu un prix de l’argent élevé. Aujourd’hui, le taux directeur est à 0,05?%, les banques sont inondées de liquidités et chaque mois, la BCE achète 60?milliards d’euros d’obligations souveraines et de titres privés (bientôt ce sera 80?milliards). Peut-être est-il inconvenant de parler du laxisme de Francfort, mais c’est de cela dont il s’agit. Que ferait de plus, comme en rêve Marine Le Pen, une Banque de France “indépendante” faisant fonctionner pour son propre compte la planche à billets?? Les prétendus boulets européens n’en sont pas. Ils ont au contraire un caractère plutôt protecteur. Ce qui n’implique pas de négliger les vraies dépendances vis-à-vis de l’étranger. L’économiste Patrick Artus, patron des études de Natixis, livre la clef suivante?: “nous estimons que 44?% de la reprise de la zone euro est due à des causes domestiques et 56?% à des causes exogènes sur un an au deuxième trimestre 2015”. En clair, la baisse du prix du pétrole et la dépréciation de l’euro expliquent quasiment la moitié de la reprise constatée. “La baisse du prix du pétrole et la dépréciation de l’euro expliquent quasiment la moitié de la reprise constatée.” “C’est inquiétant compte tenu du caractère transitoire de ces causes exogènes”, commente Patrick Artus. Pour la France, c’est encore plus inquiétant car le déclic pour embrayer sur l’embellie extérieure n’est pas vraiment au rendez-vous. “La reprise française se fait par à-coups”, souligne l’Insee. C’est bien la preuve que les solutions à nos maux sont prioritairement à trouver dans les ressorts économiques propres au pays. Cette thèse est parfaitement illustrée par les faits. Selon l’Insee, l’effondrement de la construction immobilière a amputé, chaque année, la croissance de 0,4?% de PIB. Le lien avec les conséquences anticipées des dispositions de la loi Alur, dite loi Duflot, est indubitable. De même, le choc fiscal opéré sur les ménages et les entreprises par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (à la suite de celui signé François Fillon) a brisé “l’envie” des investisseurs… d’investir. Le mea culpa de Manuel Valls, Premier ministre, au ‘Monde’ est sans ambiguïté?: “l’augmentation de la fiscalité pour les entreprises comme pour les ménages, à peu près équivalente – 20?milliards entre?2010 et?2012, un peu plus de 20?milliards entre?2012 et?2014 –, a créé une forme de rupture entre les Français et l’impôt”. C’est la démonstration imparable de l’efficacité (positive ou négative) de l’outil fiscal. François Hollande l’a bien compris puisqu’il est reparti – Manuel Valls étant nommé à Matignon – à la conquête des entreprises avec le CICE (Crédit compétitivité emploi) et le Pacte de stabilité (baisse de charges). Cela s’appelle la politique de l’offre. En rendant 41?milliards d’euros aux entreprises d’ici 2017, le virage vise à les rendre plus compétitives. En langage socialiste, cela s’appelle un virage social-démocrate. Ce choix commence à donner ses fruits. Grâce au CICE, le coût du travail progresse moins vite qu’en Allemagne.

Published in:Uncategorized |on mai 17th, 2016 |Réagir »

This is the grand pataquès

J’adore l’actualité. Quel pataquès permanent que celui-là. Ca tempête dans tous les coins, ça s’insurge et ça se répond ; ça s’écroule et ça se construit. C’est un chantier permanent qui ne cesse de se renouveler. Quant à savoir à quoi ce chantier donnera naissance, c’est une toute autre histoire. C’est l’histoire de ce blog.

Parce que si je parcours sans cesse l’actualité, à la manière d’un bot vérifiant la dernière mise à jour, je me distingue de ce dernier sur un point essentiel : je me souviens que derrière ces lignes d’articles se déroulent de véritables drames humains. Que la vie de milliers de personnes fuyant la guerre n’est pas qu’un simple problème de fuite d’eau. Toutes choses que nos politiques tendent souvent à perdre de vue, même s’ils s’en défendent et en font des caisses pour communiquer sur leur humanité. Mais quelle empathie peut-on ressentir à l’égard d’une population lorsqu’on n’a jamais vécu parmi les hommes, lorsqu’on est né avec une cuiller en argent dans la bouche et une carrière à l’ENA toute tracée ? Oui, derrière ces milliers de lignes qui composent l’actualité, il y a de véritables drames. Et c’est en ne comprenant pas cela qu’on passe à côté de choses essentielles : pourquoi un milliardaire provocateur rallie à lui les pauvres, pourquoi les Le Pen et compagnie montent partout en Europe, pourquoi Daech a attiré plus de 1800 français dans ses rangs. Oui, vraiment, nous gagnerions beaucoup à nous souvenir que l’actualité n’est pas qu’une suite de lignes de code : c’est notre avenir, notre humanité que nous jouons là.

Published in:Uncategorized |on avril 4th, 2016 |Réagir »


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